Le secteur forestier manque à évaluer les impacts de la crise climatique

25 juillet 2019

 Les entreprises forestières compromettent l’industrie et ses investisseurs, alors que seules 6% d’entre elles évaluent les risques climatiques

SEULS 6% des principaux producteurs et négociants de bois et pâte à papier évaluent les impacts de la crise climatique auxquels ils font face, ignorant les risques qu’elle présente pour l’industrie et l’ensemble de ses investisseurs.

Des sècheresses plus fréquentes, des phénomènes météorologiques extrêmes et l’exposition à de nouvelles maladies font partie des nombreuses répercussions de la hausse des températures à l’échelle mondiale sur les entreprises forestières, affectant les rendements, prix et profits tout au long de la chaine d’approvisionnement.

L’initiative SPOTT de l’ONG internationale de conservation ZSL (Zoological Society of London) a évalué 97 entreprises forestières dont les activités pourraient directement mettre en péril les forêts tropicales riches en carbone et en biodiversité abritant certaines espèces fauniques en danger critique d’extinction.

Selon ces évaluations, seules 6 entreprises sur ces 97 évaluent les impacts du changement climatique sur leurs activités. A elles seules, ces 97 entreprises contrôlent environ 46.6 millions d’hectares, soit quinze fois la taille de la Belgique.

De plus, seules 20 entreprises sur 97 ont pris un engagement zéro-déforestation. Cela signifie que la majorité des forêts sur les territoires contrôles par les entreprises restantes sont toujours exposées à un potentiel déboisement pour des plantations ou à la conversion de ces terres à d’autres usages tels que des routes, des scieries ou d’autres industries.

Pourtant, réduire les émissions dues à la déforestation et la dégradation des forêts et valoriser le rôle des forêts comme puits de carbone sont des mesures d’atténuation du changement climatique auxquelles les entreprises forestières pourraient contribuer.

Parmi les 20 entreprises ayant adopté un engagement zéro-déforestation, seules 11 requièrent que tous leurs fournisseurs de bois soient également tenus à cet engagement, garantissant une chaine d’approvisionnement sans déforestation, et seules 12 ont un système adapté pour surveiller et signaler la déforestation. Un manque de transparence dans le secteur se traduit par l’impossibilité de mesurer le progrès fait en matière de mise en œuvre des engagements zéro-déforestation.

Oliver Cupit, SPOTT Manager affirme que « protéger les forêts est essentiel pour attendre les objectifs de l’Accord de Paris. Si les forêts tropicales restent intactes, elles pourraient fournir 30% de l’effort requis en matière d’atténuation du changement climatique, car elles stockent de grandes quantités de carbones et participent à éliminer le carbone présent dans l’atmosphère.

Les entreprises opérant dans les forêts tropicales ne sont pas seulement exposées aux risques liés au changement climatique, elles sont également en première ligne : si elles se montrent capables d’adopter des engagements zéro-déforestation, et de démontrer leurs actions de manière transparente, la nature comme les hommes en tireront les bénéfices. 

En plus de l’impact du changement climatique et de la déforestation sur la nature, ces problèmes, s’ils ne sont pas réglés, posent également des risques financiers et réputationnels majeurs pour les entreprises, leurs clients et leurs investisseurs. »

Robert-Alexandre Poujade, Analyste ESG chez BNP Paribas Asset Management et membre du groupe consultatif technique SPOTT sur le bois et les pâtes à papier de ZSL explique: « Sachant que près d’un quart de la dégradation et de la perte des forêts est due au secteur forestier, plus de transparence est nécessaire pour évaluer et gérer les potentiels impacts des activités forestières sur la biodiversité et sur le climat.Il est vital d’avoir des informations fiables concernant l’étendue, l’emplacement et le périmètre des concessions afin de surveiller les dommages faits à l’environnement au sein et à l'extérieur des concessions, et de garantir que les entreprises sont des gardiennes efficaces des terres qui leurs sont confiées. »

Alors que l’investissement responsable et la finance verte prennent de l’ampleur, une communication publique claire de la part des entreprises est cruciale pour permettre au secteur financier d’évaluer et de maitriser les risques associés au climat et la déforestation.

Pour plus d’informations quant au travail de ZSL pour promouvoir la transparence dans les secteurs du bois et de la pâte à papier et quant aux évaluations menées : www.spott.org.

Emma Ackerley, emma.ackerley@zsl.org / +44 (0)20 7449 6288

 

IMAGES EN HAUTE RESOLUTION DISPONIBLES ICI : https://zslondon.sharefile.com/d-s93a49958d5e44568

Les journalistes peuvent contacter l’équipe presse de ZSL au numéro ou à l’email ci-dessus s’ils souhaitent obtenir plus d’informations de la part de l’équipe SPOTT au sujet des évaluations 2019 des entreprises de bois et pâte à papier, or s’ils souhaitent avoir accès au nouveau rapport : Transparence et données spatiales dans le secteur forestier tropical (disponible après la levée de l’embargo à l’adresse : www.spott.org/news/transparence-et-donnees-spatiales-dans-le-secteur-forestier-tropical).

Les entreprises forestières qui opèrent dans les forêts de manière soutenable, c’est-à-dire en procédant à une exploitation sélective des arbres sans porter atteinte à l’intégrité de la forêt, ou qui maintiennent et cultivent des plantations qui n’ont pas été plantées sur des terres qui étaient précédemment des fortes, ne causent à priori pas de déforestation. En revanche, des pratiques d’exploitation non-durables qui dégradent la forêt, et détruisent à terme les forêts, ou le déboisement pour remplacer des forêts par des plantations, des routes, des usines ou d’autres industries, constituent une déforestation, que les entreprises forestières devraient s’engager à éviter en prenant des engagements zéro déforestation.

SPOTT (Sustainability Policy Transparency Toolkit) est une plateforme en ligne développée par ZSL, gratuite et accessible à tous qui promeut la production et le commerce durables de marchandises. En évaluant la transparence, SPOTT incite à l’adoption de bonnes pratiques.

 

SPOTT évalue des producteurs et négociants de marchandises à l’aune des informations qu’ils publient quant à leurs activités et engagements en faveur des problématiques environnementales, sociales, et de gouvernance (ESG). Chaque année, SPOTT évalue des entreprises forestières tropicales et d’huile de palme en fonction d’une grille de plus de 100 indicateurs. Des investisseurs, acheteurs, et autres influenceurs peuvent utiliser les évaluations SPOTT pour éclairer leurs activités d’engagement, gérer leurs risques ESG, et ainsi accroitre la transparence de l’industrie.

Pour plus d’informations, visitez SPOTT.org.

ZSL (Zoological Society of London) est une organisation internationale à but non lucratif fondée en 1926 œuvrant pour un monde où la nature prospère. Notre travail repose sur trois piliers : nos recherches scientifiques novatrices, nos programmes de conservation dans plus de 50 pays, et la sensibilisation de millions de personnes grâce à nos deux zoos à Londres et à Whipsnade. Pour plus d’informations, visitez www.zsl.org.

BNP Paribas Asset Management est le métier gestion d’actifs de BNP Paribas, l’une des institutions financières les plus importantes au monde. BNP Paribas Asset Management offre des solutions d’investissement à haute valeur ajoutée aux épargnants individuels, entreprises et investisseurs institutionnels, grâce à un large éventail d’expertises réparties en 4 pôles de gestion : actions, obligations, dette privée et actifs réels, multi-actifs, quantitatif et solutions (MAQS). BNP Paribas Asset Management place l’approche responsable au coeur de sa stratégie et de ses décisions d’investissement et contribue activement à la transition énergétique, la protection de l’environnement et la promotion de l’égalité et de la croissance inclusive. Sa priorité est de délivrer sur le long terme, des retours sur investissement durables à ses clients. Fort d’un encours sous gestion de 421* milliards d’euros au 31 mars 2019, BNP Paribas Asset Management compte plus de 530 professionnels de l’investissement, près de 500 collaborateurs dédiés à la relation clients, et s’adresse aux particuliers, aux entreprises et aux institutions dans 69 pays.

*encours sous gestion et conseillés de 565 milliards d’euros au 31 mars 2019.

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